Un café avec Ange Bouable, fondateur de l’appli Nappyme.com

coiffeuses NappymeIngénieur-informaticien de formation, Ange Bouable* fait partie de cette génération de jeunes entrepreneurs au look Zuckerberg mais gros bosseurs. Tout comme le boss de Facebook. L’ingé en jean et baskets. En dernière année de formation et auto-entrepreneur depuis trois ans, il a développé un logiciel pour aider un viticulteur à mieux gérer sa clientèle, boostant par la même occasion son chiffre d’affaires. Fort de cette expérience,  le jeune Ivoirien de 24 ans s’est lancé il y a peu dans le développement de la première application dédiée aux cheveux de la femme Noire : Nappyme.com. Il a accepté de nous rencontrer dans un café parisien pour nous parler avec  passion de son projet.

 

D’où vient l’idée de lancer l’appli Nappyme.com ? Il y a deux mois, j’avais envie de réaliser une plateforme-beauté. En discutant avec un pote qui est à l’école d’ingénieur avec moi, il m’a suggéré de m’intéresser à la femme noire. Un vrai marché de niche.  Parce qu’en France, la femme noire manque encore d’outil adapté à ses multiples besoins capillaires. J’ai trouvé que c’était une bonne idée pour plusieurs raisons : dans la communauté afro, il y a une vraie demande en matière de cheveux ; j’ai envie d’offrir un produit de qualité, une belle application, qui mettra en relation les coiffeuses et les femmes qui ont besoin de prendre soin de leurs cheveux. Evidemment, je ne suis pas un mécène. Je pense aussi business et j’ai envie d’une activité viable sur le long terme.  Donc, très vite, avec mes associés, nous avons commencé par développer le projet et c’est en nous intéressant de près au sujet que j’ai réalisé les sommes folles que mes amies ou cousines dépensent dans les produits capillaires.

Etes-vous nombreux sur le projet ? Oui, j’ai deux associés qui sont également ingénieurs et quelques amis qui m’aident. Quant aux investissements, nous avons misé un peu sur nos économies et sur le « love-money ». Des personnes dans notre entourage qui nous ont fait confiance en mettant de l’argent dans notre business. Bien évidemment, au moment opportun, on fera appel à des investisseurs professionnels.

Ce sera une application dédiée uniquement aux nappy girls ? Pas du tout. J’ai choisi ce nom parce que je le trouve pertinent, court et identifiable. Notre cœur de cible est la femme noire. Par conséquent, nous aurons des prestations variées. Ainsi, nos ambassadrices coifferont les cheveux naturels, mais elles seront aussi à même de faire des tissages, s’occuper des cheveux défrisés, tresser, faire des crochets-braids, des soins…

Vous parlez d’ambassadrices….qui sont-elles ? Dans un premier temps, nous avons diffusé un communiqué de presse afin de les recruter. Ce sont des professionnelles ou des jeunes femmes qui coiffent bien par passion et qui auront la tâche de porter notre marque. En moins de deux semaines, nous avons beaucoup d’inscriptions (près de 3000) entre celles qui veulent être coiffées et les prestataires. Pour l’instant, nous nous concentrons sur la mise en relation entre elles.

Y-aura-t-il une partie conseils sur votre appli ? Les conseils se feront surtout en interaction sur notre page Facebook. Mais nous sommes toujours en phase de développement de Nappyme.com. Nous écoutons, améliorons chaque jour l’interface de notre appli. Certaines fonctionnalités seront intégrées un peu plus tard. Mais je vous ferai tout à l’heure une petite démo du bébé (rires).

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Nous avons toutes connu les déconvenues des coiffeuses à domicile : entre les retards, la mauvaise humeur, ou celle qui est pendue au téléphone pendant des heures….Comment comptez-vous gérer le service qualité ? On mettra en place des workshops mensuels pour discuter avec nos ambassadrices, leur rappeler notre attachement au service qui doit être fun. Parce qu’on est des jeunes, on veut que notre marque reflète notre culture. On s’amuse, on est relax mais quand on travaille, on tient beaucoup au professionnalisme. Il y aura donc un système de notation sur la plateforme. Si l’ambassadrice n’assure pas, elle sera notée mais la cliente aussi sera notée. On tient beaucoup au respect mutuel entre les deux parties.

Quels sont vos tarifs ? Pour l’instant, les tarifs ne sont pas encore établis mais ils seront aux prix du marché. Puis, ça dépendra de la coiffure, du déplacement de la coiffeuse ou de celui de la cliente qui se rend chez l’ambassadrice…Mais, rien d’excessif.

Vous interviendrez partout ? Nous commencerons par l’Ile-de-France avant d’aller en province puis à l’international si tout se passe bien.

Cela va demander beaucoup d’énergie ? Ce n’est pas un problème pour moi. Même si c’est difficile, on a envie de réussir et d’avoir un beau produit qui tienne la route. Les jeunes font plein de belles choses en France mais qui ne sont pas forcément visibles. Il y en a qui sortent major de promo de grandes écoles mais il faut lutter pour avancer. Quand je vois des exemples comme Tonjé Bakang d’Afrostream, cela m’encourage. L’alliance de sa boîte avec avec TF1 est quand même énorme…

Comptez-vous avoir des partenariats avec des marques ou des blogueuses ? Oui, on en fera mais pour l’instant, notre priorité est de mettre en place l’appli. Quant aux blogueuses, on aura aussi l’occasion de les rencontrer. J’ai été voir un peu sur le blog Blackbeautybag et j’espère bien que Fatou N’diaye nous soutiendra (rires).

Avez-vous une date de lancement de Nappyme.com ? On devrait commencer les tests courant mars et on espère qu’au plus tard fin avril, elle sera totalement opérationnelle.

 

Propos recueillis par Eléonore Lawson

 

*Ange Bouable a préféré mettre en avant son appli pour illustrer l’interview. Pour voir sa photo, rdv sur le compte Instagram de spheremetisse

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