Théâtre – Ils ont cousu le cheval dans les rideaux
Café de la Gare, Paris 4ème
C’est dès le guichet, au moment de retirer vos places, que l’excellent sketch de votre soirée va commencer. Car au-delà de la pièce, l’univers même dans lequel vous arriverez au café de la gare vous fera rire, si tant est que vous faites un peu attention aux textes des affiches informatives. Ainsi, on vous rappelle par exemple que vous pouvez bénéficier du tarif moins de 26 ans uniquement si vous avez bien moins de 26 ans le jour de la représentation et que ce n’est plus le cas si vous avez eu 26 ans le lundi ou le mardi précédent alors qu’on est mercredi !
De même l’ouvreuse au guichet n’est pas des plus aimables et l’annonce pour la coupure des téléphones portables n’est pas incitative mais carrément agressive : mieux vaut être prévenu, en venant au café de la gare, laissez votre susceptibilité au vestiaire et acceptez d’être maltraité, cela fait partie du contrat de base !
Très bien écrite, intelligente et amenant le public à réfléchir à chaque instant, cette brillante comédie nous embarque pour un voyage loufoque et déjanté au plus profond de la psychologie du commun des mortels.
Passées les 5 premières minutes où l’on se fait une fausse frayeur à cause de la difficulté d’immersion dans l’univers créé, le festival d’éclats de rire peut finalement commencer et les zygomatiques ont le devoir de se déchaîner jusqu’à épuisement, crampes et courbatures !
Comme c’était déjà le cas dans un court métrage de Woody Allen, il nous est proposé de suivre les cellules grises internes à « un individu ». Et ce ne sera pas de tout repos : les cellules syndicalistes refusant de se lancer dans la représentation d’un cauchemar à petit budget iront se plaindre à leur supérieure, monstre hystérique d’autorité qui n’a que faire des revendications salariales ou gastronomiques de ses sous-fifres… ça sent le roussi ! Sa majesté le subconscient, formidable de maniérisme, de sur-jeu et affublé d’un sceptre-antenne de télé, devra alors se déranger pour essayer de résoudre le conflit. Mais rien à faire, et nous ne sommes qu’au début des problèmes…
L’araignée que l’ « individu » a au plafond empêchera-t-elle les employés psychiques de s’emparer du scénario du cauchemar à petit budget ? Ledit cauchemar pourra-t-il alors se dérouler comme prévu ? Quels effets aura la consommation de drogue sur l’organisme de notre héros-hôte qui dort à poings fermés, bien loin de se douter de tout ce qui se passe en lui ? Le subconscient parviendra-t-il finalement à trouver le repos ?
Autant de questions auxquelles vous trouverez des réponses en vous rendant admirer ce petit bijou d’absurdité qui mérite bien plus que le petit public de 15 personnes que nous étions début mars.
Par Charlybaby.
Ils ont cousu le cheval dans les rideaux
Durée : 1h15 – Tarif : 28€
Café de la Gare 41, rue du Temple, 75004 Paris
Pièce de Jacky Sigaux , Nan Sigaux
Avec Jacky Sigaux , Tiphaine Daviot , Nicolas Ragni , Samy Berry , Saïd El Khamsi
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