Mercredi  23 Mai  2012
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Alice au pays des merveilles de Tim Burton

 

Angleterre, XIXe siècle. Alice Kingsley a 19 ans. En digne fille d’un homme d’affaire-aventurier, qui a pour habitude de penser tous les jours avant le petit déjeuner à six choses impossibles à faire ; Alice n’aime pas porter de corset, ni danser le quadrille. Vient le jour où Hamish, un jeune lord constipé, lui demande sa main, lors d’un pique-nique mondain. Confrontée à la perspective d’un mariage de convenance, Alice se met à avoir de curieuses visions… Entre les buissons, se faufile au pas de course, un lapin blanc. Un lapin en veston, un lapin très pressé. Elle part à sa recherche et dans sa course, fait une chute dans son terrier, un terrier noir et profond qui la mène tout droit au Pays d’En-Dessous. Un pays qui peuplait ses rêves d’enfant et où les chats sourient, les chenilles fument le narguilhé allongées sur de gros champignons bleus, et les roses blanches sont peintes en rouge. Bienvenue au Pays des Merveilles, façon Tim Burton.

Alice est-elle la vraie Alice ? Telle est l’étrange question à laquelle l’héroïne du célèbre conte de Lewis Carroll est sans cesse renvoyée, dans un monde où l’étrange le dispute à l’absurde. Le doute est en effet sans arrêt porté sur l’identité d’Alice et sur son intégrité mentale – Alice n’est-elle pas un peu folle ? - par le Chapelier fou et le chat du Cheshire dont les répliques n’ont elles-mêmes rien à envier à des propos d’aliénés. Une descente au pays des merveilles qui a donc tout d’une quête d’identité, d’un parcours initiatique dont l’enjeu - éternel et indémodable – est celui du passage de l’enfance à l’âge adulte. De sa chute vertigineuse dans le trou du lapin blanc à son retour dans le monde réel, Alice va littéralement et successivement grandir, puis rapetisser, puis devenir géante, puis minuscule à nouveau, comme si les transformations de son corps reflétaient les évolutions de son âme. Reste à savoir si elle saura affronter avec plus de courage la sanguinaire Reine Rouge et son effroyable monstre, le Jabberwocky ; que la redoutable perspective du mariage…

C’est avec beaucoup d’enthousiasme et une certaine impatience que l’on a appris, puis attendu la venue du dernier né d’un des plus grands génies du cinéma américain. En effet, qui mieux que Tim Burton, pouvait adapter un conte aussi spécial et hors du commun que Les aventures d’Alice au pays des merveilles. La version qu’il en donne n’a, en fait, pas gardé grand-chose de l’emprunte des films qui ont fait connaître Burton (Edouard aux mains d’argent, s’il ne fallait en citer qu’un) et qui alliait l’audace d’un imaginaire visuel débridé, à des scénarios formidablement décalés, d’une noirceur hilarante et tragique. Il ne faut donc pas s’attendre à une Alice trop iconoclaste (Disney co-produit) ni à un scénario qui sorte des sentiers battus ; et profiter de belles trouvailles visuelles et de personnages tout de même bien dérangés (une reine rouge à tête de bulbe, une reine blanche néo-gothique et post-hippie, une Alice qui se promène sur des têtes tranchées, un cochon rose qui sert de repose pied chaud et douillet) et garder en tête le fin mot de l’histoire : ce n’est pas bien grave si tous ces gens sont fous, car les meilleurs d’entre nous le sont tous un peu.

 

Par Alexandra Popov

 

Alice au pays des merveilles de Tim Burton

Avec Mia Wasikowska, Johnny Depp et Helena Bonham Carter

Sortie en salles : le 24 mars 2010

 




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