Le racisme ordinaire décrypté dans ELLE
Noir(e) ou Arabe en France ? L’article sur le racisme ordinaire qu’on peut lire dans le magazine ELLE (en kiosque) ne peut que vous intéresser car on peut tous s’identifier aux témoins choisis par l’hebdo féminin…
Parce qu’ils sont journaliste, architecte, psychiatre, pensaient être intégrés, reconnus pour leur valeur, mais dans leur quotidien, le racisme les rattrape. Parce qu’ils s’appellent Samira Ibrahim, Boubacar Seck ou Fatma Bouvet de la Maisonneuve et qu’ils ont la peau noire ou couleur caramel, ils sont - comme Mustapha Kessous, journaliste arabe du « Monde » - victimes du racisme ordinaire. Collègues, clients, patients ne leur épargnent pas quelques humiliations parce qu’ils sont plus diplômés que les autres « issus de l’immigration ». Et comme on le sait déjà, le niveau intellectuel n’exempt malheureusement pas de la connerie. Que ressent Samira Ibrahim, journaliste et parisienne lorsqu’un directeur de la rédaction lui demande « De quelle banlieue viens-tu ? » ; quel moment de solitude pour l’architecte, Boubacar Seck qui se présente devant ses ouvriers et personne ne répond à son bonjour parce qu’un Noir architecte…c’est impensable.
De cet article qui nous parle (je veux dire à nous, les peaux basanées), c’est Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre et addictologue à l’hôpital Sainte-Anne à Paris résume assez bien la situation. Extrait :
« Un musulman, un Arabe, c’est in intégriste, un islamiste, un communautariste. Sans pédagogie, on n’en sortira pas. Il faut apprendre aux Français que les femmes arabes ou musulmanes ne sont pas toutes voilées, excisées, mariées de force, répudiées ou vitriolées…le racisme est partout. A l’hôpital, les médecins diplômés à l’étranger assurent 70% des gardes er sont payés près de la moitié de moins que les autres. Il n’y a qu’une femme noire députée, zéro maire d’origine étrangère ! Hortefeux peut faire des blagues douteuses sans sauter. Dans la vie professionnelle ou politique, une femme arabe est trop souvent considérée comme une pauvre fille ayant souffert des hommes. Tant qu’on colle à l’image de la gentille fille Arabe qui ne fait pas de vagues, ça va. Le jour où l’on manifeste un peu d’ambition, on devient l’arriviste, celle qui a les dents qui rayent le parquet ».
Intégralité de l’article à lire dans ELLE n°3334 du 20 novembre 2009
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