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le 22 mai 2008 - Pourquoi certains fumeurs
développent-ils un cancer du poumon, et d’autres non ? Une équipe
coordonnée par le Centre international de Recherche sur le Cancer de l’OMS à
Lyon, le CIRC, apporte un élément de réponse. Une prédisposition génétique
augmenterait le risque d’être atteint par la maladie. Cette hypothèse longtemps
avancée, est aujourd’hui confirmée.
Les chercheurs du CIRC ont suivi plus
de 10 000 personnes dont 90% de fumeurs, dans 18 pays différents. Près de
la moitié souffraient d’un cancer du poumon, les autres formant un groupe
témoin. L’objectif était d’identifier les variations génétiques susceptibles
d’être impliquées dans la survenue de ce cancer. Un véritable travail de fourmis.
Après avoir comparé plusieurs
centaines de milliers de fragments d’ADN, une importante région génétique a pu
être identifiée. Il s’agit d’une zone contenant plusieurs variants génétiques
qui interagissent avec la nicotine et d’autres toxines du tabac. Les fumeurs
qui sont porteurs d’un seul exemplaire de ces variants, ce qui est le cas d’un
Européen sur deux, verraient leur niveau de risque de cancer du poumon majoré
de 30%. Ce sur-risque grimperait à 80% chez les porteurs de deux copies des
variants. Et là, un Européen sur dix serait concerné !
Plus inquiétant encore, les auteurs soulignent que les variants d’ADN
identifiés accroissent le risque de cancer du poumon chez les fumeurs et les
anciens fumeurs, et qu’ils peuvent aussi accroître le risque chez les
non-fumeurs. Un constat qui ne doit en aucun cas être interprété comme la
preuve scientifique d’un quelconque « avenir cancéreux » inscrit dans nos gènes ! C’est le risque
qui augmente, uniquement le risque. Ne vous mettez donc surtout pas à fumer…
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