Dans la capitale togolaise, ça boit, ça téléphone. C’est la mode depuis quelques temps. Les jeunes filles sont les plus exposées à la dépravation. Les bars et les cabines téléphoniques sont devenus des lieux très propices à la prostitution
La précarité de la vie oblige la jeunesse togolaise à se reconvertirdansle secteur informel. Cependant,desdifficultésnaissentparce que, raressont cellesqui réussissentdans ce domaineà causedu manque de financement, de la démission de certains parents…Toutes ces difficultés contraignent certainesjeunes fillessansqualification à exercer dansles métiers dits « fragiles », notamment dans les bars et dans les cabines téléphoniques qui poussent comme des champignons à Lomé. Aujourd’hui, chaque rue a ses cabines et bars.Seulement, la réalité est tout autre. Ces petites filles issues majoritairement des familles pauvres vulnérables sont plutôt victimes de l’exploitation sexuelle et financière.
« La vie devient de plus en plus dure à Lomé. On ne peut pas rester là à ne rien faire même si ce qu’on gagne ne couvre pas les frais de déplacement par mois », confie Amélé, serveuse de bar.Comme Amélé, elles sont de milliers de jeunes filles sans qualification à travailler dans les bars et autres cabines téléphoniques.
En effet, ces petites sœurs, non seulement, travaillant dans de mauvaises conditions dues à la longue durée de leur métier dépassant parfois douze heures (contraire à celleprévue par le code du travail), mais également elles sont victimes du comportement déplacé de certains clients sans scrupules qui leur font des attouchements parfois sexuels, stimulés par des pourboires leur servant d’appât. Il faut reconnaître que dans ces milieux, l’obsession d’une vie de débauche est criarde parce que, ces filles ayant des besoins que leur « salaire » ne peut couvrir, sont obligées de vendre leur corps pour survivre.« A la fin du mois, tu gagnes au maximum 14 000 f cfa (soit 21,35 €). Ca ne suffit pas. On est parfois obligé de céder aux avances de certains clients généreux. Une manière d’arrondir les fins de mois », a dit à Spheremetisse.com une gérante de cabine qui a requit l’anonymat.
C’est dans cette ambiance incertaine que se retrouve cette jeunesse togolaise orpheline qui continue de tirer le diable par les poils de la queue. Et il n’est pas surprenant d’entendre parler des jeunes filles victimes du proxénétisme exerçant dans ce commerce infâme qu’est la prostitution. Les métiers précaires comme serveuses dans les bars, cabinistes constituent les milieux ambiants d’exercice du plus vieux métier du monde.
Sensibiliser la population et particulièrement la jeunesse féminine contre la propagation du VIH-SIDA, serait une très bonne chose quand on sait que le c’est un milieu à haut risque si on ne s’y prend pas au sérieux.