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Après les primaires du
"Super-Tuesday", une constatation s'impose : Barack Obama, a
déjà gagné... Certes pas la présidentielle américaine, et peut-être même pas à
l’investiture comme candidat démocrate, mais le jeune sénateur est devenu le
candidat de la rupture. Et forcément de l'avenir.
par Eugène Yobouet
Il possède le charisme de John Kennedy
et la foi en un monde meilleur de Martin Luther King. Il a le don fabuleux de
faire croire qu'une autre Amérique est possible. Et les Américains y croient.
Renvoyant du même coup aux étagères du
passé, pour ne pas dire au rayon des has been, les deux seuls adversaires qu'il
lui reste Hillary Clinton dans son camp, pour cause de succession un peu trop
dynastique, et Mac Cain chez les républicains, parce qu'il évoque plus les
heures sombres du Vietnam qu'une sortie rapide des GI's d'Irak. Les électeurs n'osent
même pas une comparaison avec George W. Bush qui a fait de l'Amérique ce
que l'on sait. Dans ce marathon de 22 primaires le même jour, Obama a marqué
des points essentiels : d'abord en votes populaires, il a fait pratiquement jeu
égal avec Hillary Clinton. Même si la sénatrice de New York engrange, grâce au
système du vote par États, 74 délégués de plus que lui. Pour les Américains, le
jeune sénateur est près du Peuple et il sait ce dont il a besoin.
Si Obama accédait à la présidence, le ciel
serait plus bleu pour les Américains mais aussi, par extension, pour le monde
entier. Il rendrait à l'Amérique son Honneur que Bush a pris plaisir à
massacrer. Ensuite parce qu'il a réussi à se débarrasser pour l'essentiel du
soupçon de vote communautariste. Certes, il rassemble un peu plus de 8O % du
vote des Noirs. Mais il réussit aussi à gagner les suffrages d'un plus grand
nombre de Blancs qu'Hillary (58 % contre 38 en Californie). Des mâles blancs.
Car les femmes blanches, elles votent à 61 % contre 37 pour Hillary Clinton.
Tout comme les Latinos, hommes et femmes confondus.
Enfin parce que le résultat le plus
évident des primaires, c'est que les fronts se sont renversés. Avant l'été
dernier, la plus grande incertitude régnait dans le camp républicain, alors que
les démocrates semblaient avoir déjà choisi leur candidate pour la
présidentielle. À la mi-temps des primaires, c'est l'inverse : les républicains
sont pratiquement assurés de tenir leur candidat avec Mac Cain, alors que chez
les démocrates l'affrontement Obama-Hillary promet encore quelques belles
empoignades. Parce que beaucoup d’Américains estiment qu’Hillary Clinton, prisonnière
de ses lobbies, n'apporterait aucun changement. Seul Obama en est capable.
Barack Obama est de ces hommes qui peuvent refaire l'Histoire et lui donner une
autre dimension. Il y a déjà eu des
candidats issus des minorités ; mais Obama est le premier à avoir de réelles
chances de devenir le premier président noir de l’histoire des États-Unis. Il
est le premier Noir démocrate à ne pas limiter son discours à la défense de sa
communauté.
En incarnant la rupture avec George W.
Bush, il s’adresse à l’ensemble des Américains (et du monde). Il constitue
également un symbole pour les minorités visibles, dans d’autres pays. Cette
candidature revêt d’une grande importance car elle est une occasion unique de réconcilier les
communautés.
par Eugène Yobouet
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