« Scandal » : le phénomène revient sur Canal+

2014 scandal s3La troisième saison de Scandal débarque sur les écrans de Canal Plus à partir du 24 avril pour 18 épisodes qui devrait rendre les afficionades encore plus accros. Quel est le secret d’Olivia Pope et des ses « gladiators in suits » (gladiateurs en costume) ?

Pourquoi devient-on un indéfectible fan de la série américaine Scandal dont la troisième saison débute jeudi 24 avril sur Canal Plus ? Tentatives de réponses en trois actes.

Acte 1 : une impossible et torride histoire d’amour

Shonda Rhimes, la créatrice de Scandal sait y faire pour créer et former des couples sur le petit écran . Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à se souvenir de Grey’s Anatomy (toujours en cours de diffusion sur TF1), avec notamment les magnifiques Ellen Pompeo et Patrick Dempsey (alias Meredith Grey et Derek Shepherd) et de son spin-off, Private Practice – la galerie des amants de Kate Walsh dans la peau du Dr. Addison Montgomery est impressionnante – qui s’est achevée en 2013. Sa dernière trouvaille amoureuse est un couple formé par le président républicain des Etats-Unis Fitzgerald Grant, incarné par le sublime Tony Goldwyn, et l’experte en communication de crise Olivia Pope, alias Kerry Washington. Au cours des saisons 1 et 2, c’est à coup de flashbacks qu’elle nous explique la scandaleuse relation amoureuse qui lie les deux personnages puisque « Le leader du monde libre » est bien évidemment marié. Et cet homme tout puissant que le monde craint – autre trait de génie de Shonda Rhimes – est toujours au bord des larmes quand il évoque son amour impossible.

L’alchimie entre les deux acteurs est impressionnante et au coeur de l’addiction que génère la série américaine, notamment dans leurs instants « One minute ». Cette trouvaille narrative est l’un des traits de génie de Shonda Rhimes qui a réussi à captiver son auditoire dès le moment où il découvre que la relation entre ses personnages principaux n’est pas celle qui transparaît. Chaque scène entre Liv (c’est ainsi que son amant de président la surnomme) et Fitz (pour les intimes), finement dialoguée, est orchestrée pour en faire un moment romantique de grande intensité qui met en alerte le spectateur jusqu’à la prochaine rencontre entre ses héros. Dans la veine du « One minute » et sans « spoiler », il sera beaucoup question de faire des confitures et du Vermont…

Autre atout du couple principal de Scandal, le fait qu’il soit mixte, une thématique chère à Shonda Rhimes dans toutes ses productions. A l’instar de l’homosexualité. Cette mixité et le fait qu’Olivia Pope soit une Afro-américaine sont encore plus patents dans cette saison 3. Les répliques d’Olivia Pope y font directement référence et sont mentionnées dans la stratégie politique du président Grant. Tony Goldwyn, qui incarne le chef d’Etat américain, a vu sa cote de popularité grimper dans la communauté afro-américaine grâce à son rôle dans Scandal : Fitz est amoureux d’une « Sister ».

Acte 2 : un précis du rôle des communicants dans les arcanes du pouvoir américain

Avec Nicolas Sarkozy, les Français ont découvert le storytelling cher aux communicants américains. Olivia Pope & Associates (OPA) et ses « gladiators in suits » (gladiateurs en costumes) nous révèlent  les stratégies employées pour étouffer une affaire ou réaliser un coup politique. C’est parfois cousu de fil blanc (le privilège de la fiction), mais les fondamentaux y sont. D’ailleurs, l’épisode 1 de la saison 3 en est l’illustration parfaite. Olivia Pope va se retrouver au coeur d’une crise majeure, dont on imagine difficilement une issue honorable et qui rappelle étrangement le Gayetgate. Les nouveaux 18 épisodes de Scandal sont truffés de situations similaires. Par ailleurs, à l’instar de bien des séries américaines comme Person of Interest ou The Good Wife), Scandal a évoqué au cours de ses premiers épisodes les écoutes auxquelles se livrait l’Etat américain sur ses citoyens. Le  lanceur d’alerte Edward Snowden les révélera plus tard au monde et en donnera l’ampleur.

Acte 3 : un condensé des talents de trois Afro-Américaines

A l’origine de Scandal, la désormais très prolifique Shonda Rhimes qui a fait, notamment avec Grey’s Anatomy qui est devenue l’une des séries culte

d’ABC, l’un des trois puissants « networks » (réseaux privés nationaux de télévision hertzienne) historiques américains. Auteure et productrice noire, elle a su s’imposer sur la scène télévisuelle qui, comme tout, reste difficile d’accès pour les Afro-américains. « Ce n’est pas parce que nous n’avons pas les talents, c’est parce que les opportunités manquent », soulignait en substance Kerry Washington lors d’une de ces interventions publiques. La comédienne en sait quelque chose, elle qui en plus de 25 ans, est la première Afro-américaine à avoir le premier rôle d’une série en prime time sur un réseau national. Il faut remonter à près de deux générations plus tôt pour trouver un équivalent en la personne de Diahann Caroll, héroïne de la série Julia sur NBC (de 1968 à 1971). C’est d’ailleurs des mains de son aînée que Kerry Washington recevra un trophée d’honneur lors des 44e NAACP Awards en 2013. Enfin, le personnage d’Olivia Pope est inspiré de Judy Smith qui travailla au service de presse de George Bush père. Cette experte en communication de crise a compté parmi ses clientes Monica Lewinski, la célèbre stagiaire dont l’ancien président Bill Clinton aurait taché la robe de son liquide séminal.

En guise d’épilogue de ces trois actes, il faut rajouter la garde-robe d’Olivia Pope qui vaut à Kerry Washington d’être aussi une icône de la mode à la télévision. Le succès de Scandal vient aussi de Twitter. C’est l’une des rares séries, pour ne pas dire la seule, qui voit ses fans et ses acteurs interagir pendant la diffusion des épisodes. Les hashtags relatifs à la série font florès sur le réseau social et la mobilisation des “gladiateurs“, le surnom des fans la série, est aujourd’hui impressionnante. Le phénomène n’est certainement pas étranger à l’apparition de Kerry Washington dans le top 100 des personnalités les plus influentes de la planète, cru 2014, réalisé par le magazine « Time ».

Scandal, Saison 3 – jeudi 24 avril à 20h45 sur Canal+

De Shonda Rhimes, avec Kerry Washington

 

Par Wilhelmina Sinjin

 

 

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