Samedi  11 Février  2012
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Yves Saint Laurent : La mode perd l’un de ses révolutionnaires

Yves Saint Laurent, l’un des couturiers majeurs du 20e siècle avec Dior ou Chanel, qui a donné une nouvelle liberté aux femmes en créant un style mêlant le féminin au masculin dont l’emblème est le smoking, est décédé le premier juin dernier à l’âge de 71 ans.

La santé du couturier était déclinante depuis plusieurs mois au point qu’il ne venait plus au 5 avenue Marceau, siège de la griffe transformée en 2004 en Fondation, où il avait toujours son bureau. Pierre Bergé, qui a cofondé et dirigé pendant 40 ans la griffe YSL, s’est déclaré bouleversé.

Pour lui, Yves Saint Laurent a « accompagné l’évolution des femmes ». « Il savait parfaitement qu’il avait révolutionné la haute couture, l’importance qu’il a occupé dans la deuxième partie du 20e siècle », a-t-il dit. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a salué la mémoire du couturier en affirmant qu’avec lui « disparaît un des plus grands noms de la mode, le premier à élever la haute couture au rang d’un art en lui assurant un rayonnement planétaire ». Le Premier ministre François Fillon a salué en lui un « créateur exceptionnel qui a profondément marqué l’histoire de la Haute Couture » tandis que pour la ministre de la Culture Christine Albanel, il « était et restera un grand créateur, inventeur d’une femme moderne vêtue d’étoffes de lumière, de séduction et de désir ».

ysl_mode_250.jpgNé le 1er août 1936 à Oran (Algérie), celui qui s’appelle alors Yves-Mathieu Saint-Laurent a connu la gloire très jeune, dès son premier défilé chez Christian Dior à qui il avait succédé après le décès brutal du maître en 1957. Sa ligne « Trapèze » qui rompt avec les tailles de guêpe de l’époque, est un véritable succès. En 1961, il crée sa propre maison en partenariat avec Pierre Bergé. Ensemble, le premier à la création, le second à la gestion, ils vont bâtir une griffe qui symbolise toujours l’élégance française. Ancré dans son temps, il donnera aux femmes une nouvelle liberté en modernisant la couture et créant un prêt-à-porter (une nouveauté pour un couturier) puisé dans le vestiaire masculin : caban, saharienne, tailleur-pantalon et bien sûr smoking, porté par exemple avec une blouse très transparente, autre emblème Saint Laurent. Grand collectionneur d’art, féru d’opéra et de théâtre, Saint Laurent a multiplié les inspirations - de Picasso à Van Gogh en passant par le Pop Art, de l’Afrique à la Russie ou encore à la littérature avec Shakespeare. Régulièrement, le couturier a créé l’événement ou fait scandale, comme en 1971 avec sa collection inspirée des années 40 et en posant nu pour le lancement d’un parfum ou en 1977 en lançant « Opium ». « Je me suis toujours élevé contre les fantasmes de certains qui satisfont leur ego à travers la mode. J’ai au contraire toujours voulu me mettre au service des femmes. J’ai voulu les accompagner dans ce grand mouvement de libération que connut le siècle dernier », avait dit Yves Saint Laurent lors de l’annonce de ses adieux à la haute couture en 2002. Devant la presse, le couturier à la timidité maladive avait avoué avoir connu dans sa vie « la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé ». La maison Saint Laurent sera vendue deux fois : en 1993 à Elf-Sanofi et en 1999 au groupe Gucci, filiale du groupe français PPR, qui a scindé la griffe en deux entités, la haute couture étant préservée au 5 avenue Marceau où M. Saint Laurent créera ses modèles jusqu’en 2002.

Son marcel. Comme Brad Pitt, Obama a remis le bon vieux marcel au goût du jour. Pour le Corriere della Serra, « Obama et Pitt cassent le tabou du tricot de peau ». Mais à la différence de l’acteur, Obama porte le tricot de peau sous la chemise et ne dévoile donc pas ses épaules.

Cette année là et pour ses adieux, il a présenté au centre Georges Pompidou, à Paris, un défilé rétrospective de 40 ans de création à la fin duquel il a été ovationné. Grand officier de la légion d’honneur, Yves Saint-Laurent a collectionné les récompenses et les rétrospectives. La dernière vient de s’ouvrir à Montréal (Québec).

Par Eugène Yobouet




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