Quel « psy » choisir ?

femme noire besoin de psyIl est difficile de savoir à quel professionnel s’adresser quand on a besoin de parler à quelqu’un, que l’on se sent angoissé, que l’on connaît un mal-être passager ou durable, ou que son enfant a un comportement qui signifie : « je vais mal ! ». Entre les psychiatres, les psychologues, les psychothérapeutes et les psychanalystes, comment s’y retrouver ? Pour y voir plus clair, voici une petite présentation des différences entre tous ces professionnels du soin psychique.

Commençons par le psychiatre. Seul « psy » à être aussi médecin, le psychiatre a fait les études les plus longues : après six années de médecine, il s’est spécialisé pendant quatre ans en psychiatrie. A ce titre, Il est le seul « psy » habilité à prescrire des médicaments comme les antidépresseurs ou les anxiolytiques, à être remboursé par l’Assurance Maladie et à être soumis au secret professionnel. Le psychiatre diagnostique et traite les maladies mentales et les troubles psychiques. Il peut travailler dans le public (hôpitaux psychiatriques, Centres Médico-Psychologiques, Instituts Médico-Educatifs…), dans le privé (Centres Médico-Psycho-Pédagogiques…) ou en cabinet libéral. Peu nombreux, les psychiatres ont un emploi du temps très chargé et proposent souvent des consultations thérapeutiques à raison d’une séance par mois, où ils interviennent uniquement en situation de crise et prescrivent médicaments, thérapies ou hospitalisation.

Là où ça se complique, c’est qu’un psychiatre peut également être psychanalyste ou psychothérapeute…

Le psychothérapeute pratique la psychothérapie, c’est-à-dire les soins non médicaux de la psyché. Il écoute et peut utiliser des techniques actives (relaxation, jeux de rôle, dessin…), soit en séances individuelles, soit en groupe. Il ne s’occupe pas de la maladie en tant que telle mais de la personne en souffrance psychique. Il y a encore peu de temps, la profession de psychothérapeute n’était pas réglementée. Toute personne pouvait donc ouvrir son cabinet et utiliser ce titre. Depuis mai 2012, un décret fixe de nouvelles règles : désormais, toute personne souhaitant utiliser le titre de psychothérapeute doit être inscrite sur le registre national des psychothérapeutes. Les professionnels pouvant accéder au titre de psychothérapeute sont : les psychiatres et les psychologues (sans aucune formation complémentaire) ; les médecins, les psychanalystes et les autres professionnels doivent justifier d’une formation théorique et d’un stage pratique auprès d’un institut de formation agréé par les Agences régionales de santé (médecins et psychanalystes étant exemptés d’une partie de la formation). Les formations permettent de se spécialiser dans certains domaines : thérapie familiale, art thérapie, thérapie comportementale et cognitive, psychodrame, etc. Avec les enfants par exemple, le psychothérapeute utilise souvent des médiations telles que le jeu, les arts plastiques, le modelage, afin de permettre à l’enfant d’exprimer ses difficultés, ses craintes, ses angoisses, quand la parole ne vient pas facilement.

Toutefois, la psychothérapie est rarement opérante à elle seule dans le cas de troubles mentaux graves ou de conduite addictive (drogue, alcoolisme). Elle peut venir en complément d’un traitement médical ou social ; elle est alors le plus souvent effectuée dans le cadre d’une institution spécialisée.

Le psychologue, qui est souvent également psychothérapeute, a fait cinq années d’études après le bac et il ne peut être enregistré au registre des psychologues que s’il a un Master Professionnel de psychopathologie, s’il a obtenu le diplôme d’état de conseiller d’orientation psychologue ou de psychologue scolaire, ou s’il est diplômé de l’Ecole des Psychologues Praticiens. Le psychologue est un chercheur en sciences humaines qui a étudié les comportements de manière objective et qui connaît les théories psychologiques. Parmi les psychologues, certains se spécialisent dans la psychologie clinique : le psychologue clinicien fait passer des tests, contribue au diagnostic des maladies mentales, assure des entretiens cliniques. Il travaille dans les mêmes institutions que le psychiatre, au sein d’une équipe soignante. De plus en plus de psychologues créent leur cabinet en libéral et proposent des examens psychologiques (tests de QI, tests de personnalité) et/ou des suivis psychothérapeutiques à raison d’une séance par semaine en moyenne. Le psychologue peut également être psychanalyste.

Le psychanalyste est un thérapeute qui utilise la « cure psychanalytique », technique inventée par Freud, pour permettre au patient d’explorer son inconscient et essayer de résoudre les conflits qui remontent à son enfance et conditionnent son existence. Le psychanalyste a fait une analyse, allongé sur le divan « freudien ». Selon le « connais-toi toi-même » socratique, il a l’expérience du travail analytique et a éprouvé le transfert, lien particulier entre l’analyste et l’analysant (celui qui est sur le divan). Au travers de cette expérience, il a eu le désir de se former pour devenir analyste à son tour. Le psychanalyste en devenir doit d’abord être supervisé par un psychanalyste confirmé, cependant, aucune législation n’encadre la profession de psychanalyste. Même si de nombreux psychanalystes sont également psychiatre ou psychologue, les associations de psychanalystes forment des personnes venues de différents univers professionnels. Une cure analytique dure plusieurs années, à raison d’un minimum de deux séances par semaine. Les psychanalystes proposent également des psychothérapies analytiques moins longues et qui se font en face à face. C’est d’ailleurs souvent sous cette forme que l’on commence, avant de passer à la cure type.

Terminons ce petit inventaire des différents professionnels du soin psychique en précisant quelques points : chacun de ces professionnels pourra être spécialisé selon différentes tranches d’âge, différentes difficultés ou pathologies rencontrées ; en cabinet libéral, chacun de ces professionnels pratiquera des tarifs différents selon sa formation, son expérience et la région où il exerce (une séance de « psy » coûte en moyenne entre 40 et 100 €, certains adaptant leur tarif selon les revenus). En institution, les prescriptions de prises en charge individuelle ou de groupe sont financées à 100 % par l’Assurance Maladie.

Le plus important, c’est que lorsque l’on va voir un « psy », le côté relationnel prime. Il est rare de tomber sur « le psy » qui vous convient dès le premier rendez-vous. Le mieux est de demander à quelqu’un qui vous connait (médecin généraliste, famille, amis) de vous adresser à un professionnel qu’il pense pouvoir vous convenir. Sinon, lorsque le ressenti est négatif, il ne faut pas hésiter à en parler et à changer de « psy ». On ne peut pas s’entendre avec tout le monde !

Christelle Landais, psychologue