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Blanchiement de la peau : quand le noir vire au blanc

Lutter contre les boutons, est le prétexte communément évoqué par de nombreuses femmes qui veulent se blanchir la peau. Pour d’autres, c’est le mimétisme. Cependant, les séquelles restent indélébiles.

 

(Lomé) - Da Yovo, revendeuse de pagnes à Lomé, est confrontée à ce problème de peau depuis quelques années sans pratiquement s’en rendre compte. « J’avais des boutons partout sur mon visage. Une copine m’a conseillé un produit. Au bout de trois mois, je suis devenue claire et une odeur nauséabonde a commencé à émaner de mon corps surtout lorsque je transpirais. Mes problèmes de boutons se sont aggravés. Des taches énormes sont apparues sur mon visage… », a-t-elle confié.

 

Le geste de la dépigmentation commence souvent par une petite application sur le visage de produits pas très forts mais le pire, c’est qu’au bout, il se produit d’inévitables complications dermatologiques pouvant survenir après quelques semaines de décapage. La dépigmentation existe en effet sous deux formes : celle dite «Kpayo », (contrefaite) consistant à se dénaturer avec les produits de rue directement venus du Nigeria, et la dépigmentation classique faite avec des produits réglementés par les normes de la pharmacie.

 

En effet, l’utilisation des produits contrefaits provoquent de profondes complications à l’épiderme car, en plus de leur forte toxicité, ils stoppent la fabrication de la mélanine qui colore la peau noire et la protège des agressions externes notamment des rayons ultraviolets A et B responsables du cancer de la peau. Celle dite « classique », est souvent l’apanage des plus fournies financièrement. « Je n’ai pas assez de sous pour m’offrir les produits de pharmacie. Cela fait 5 ans que j’utilise Movate dont vous pouvez vous-même apprécier le résultat », confie Mireille. Pourtant, le produit dont elle vante les mérites ne lui réussit pas du tout. Ses joues sont recouvertes d’une couche de fond de teint multicolore, destinée à camoufler sa physionomie ravagée par des brûlures dues à son traitement douteux.

 

Par notre correspondant au Togo, Jean-Claude Abalo




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