Vendredi  10 Février  2012
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Si le Paris arabe m’était conté

Ces temps-ci, la France parle beaucoup de son passé et débat des divers épisodes d’une histoire qui ne fait pas l’unanimité parmi les fils et les filles de ce pays multiethnique et multiconfessionnel. A Paris, dans cette vieille et vénérable cité, 6 500 noms de rues sont autant de passerelles entre le passé et le présent. Et les Arabes y ont eux aussi leur part.

La plupart des noms venus du Maghreb remontent à la colonisation. Dans le XIXe arrondissement, les rues à consonance arabe sont si nombreuses que vous vous sentez presque transporté en Afrique du Nord. Le Maroc y a sa place, avec une rue et une impasse éponymes depuis 1846, et la rue de Tanger, ville que les Français ont bombardée en 1844. L’Algérie à elle seule compte treize rues. Il y a notamment le boulevard d’Algérie, mais aussi la rue de Kabylie, région soumise en 1857. Tunis a également sa rue, tout comme la ville de Sfax et la ville de Bizerte, où était stationnée la marine française. Quant à la Libye, elle n’est représentée que par la station de métro Bir-Hakeim et le pont du même nom, en souvenir de la bataille de 1942. Alors que les noms anciens rappellent pour la plupart des victoires militaires françaises, les noms plus récents indiquent des relations plus amicales entre la France et le Maghreb. En 2002 par exemple, devant l’Institut du monde arabe, a été inaugurée une place dédiée à Mohammed V, en présence de son petit-fils Mohammed VI. De même, en 2004 a été inaugurée l’esplanade Habib-Bourguiba, près du pont de l’Alma.

voyage_rue_du_caire.jpgPour ce qui est du Machrek, le Liban est représenté par la place de Beyrouth, inaugurée en 1998, près des Champs-Elysées, et depuis 1867 par la rue du Liban et la rue des Maronites, dans le XXe arrondissement. La part du lion revient toutefois à l’Egypte. Ainsi, dans le Sentier, il y a toute une série de rues, de places et de galeries célébrant Le Caire. Cela remonte à l’entrée des troupes françaises dans la capitale égyptienne en 1798. Près de la place du Caire, cinq autres rues sont “égyptiennes” : rues du Caire, d’Alexandrie, de Damiette, d’Aboukir et du Nil. Il faut y ajouter la rue du Delta, l’impasse Villa-Saïd et la rue et l’impasse de Suez, en hommage au canal creusé par Ferdinand de Lesseps. Enfin, n’oublions pas la rue et la place des Pyramides, qui fêtent la victoire de Napoléon sur les Mamelouks, toujours en 1798. De là, il n’y a que quelques pas à faire pour arriver à la place de la Concorde, où se dresse l’obélisque que Muhammad Ali, le vice-roi d’Egypte, avait offert à Napoléon en 1831 et qui est, du coup, le monument le plus ancien de la capitale française.

Par Nayla Nasser i>

(Source: courrier international)




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