Dimanche  5 Février  2012
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Menya, bastion de l’excision en Egypte

Comme dans certaines contrées de l’Afrique subsaharienne, l’excision reste une pratique courante en Egypte

Le modernisme en cours dans la république arabe d’Egypte n’a pour l’instant pas encore altéré complètement l’ardeur des ‘‘professionnelles’’ de l’excision. Elles continuent de faire usage de leurs couteaux pour ‘‘accomplir’’ leurs sales besognes. Considérées comme des soignantes, ces femmes sillonnent les écoles du Sud-Est de l’Egypte. Leurs cibles : les petites filles d’environ 10 ans. C’est à cet âge que, Afaf, a subi cette chirurgie barbare et primitive qui consiste en l’ablation du clitoris.

Aujourd’hui encore, plus de 15 ans après, Afaf s’en rappelle très bien. Dans les colonnes du Petit Journal du Caire paru en Février 2008, elle raconte : « J’avais dix ans quand une femme est venue nous forcer à ne pas bouger pour quelques secondes…Cela se passait à l’école où les enseignants nous intimaient l’ordre de respecter les instructions de la soi-disant soignante ».

Comme dans certaines contrées de l’Afrique subsaharienne, l’excision reste une pratique courante en Egypte. Le Gouvernorat de Menya, dans le Sud du pays, est réputé pour être l’un des plus grands foyers de ce fléau. Afaf, aujourd’hui âgée de 25 ans, vient de là, justement. Ses racines ancestrales s’y trouvent. Comme elle, nombre de fillettes, pour peu qu’elles aient l’âge ‘‘maudit’’, continuent d’être la proie de ces dames sans foi ni loi. Elles sont trois, très souvent : celle qu’on pourrait appeler l’exciseuse en chef, chargée d’exécuter la mutilation et deux assistantes qui ont pour consignes d’immobiliser la fille à exciser et de lui ôter tout vêtement.

Pour Afaf, cela fût et continue d’ailleurs d’être difficile à supporter. En témoignent ses propos : « Je ne pouvais pas uriner et j’avais eu un flux de sang énorme ». En effet, l’excision entraîne d’énormes conséquences désastreuses sur le corps humain, sur la physiologie même des filles qui en font les frais. Ces conséquences peuvent aller jusqu’à la stérilité. A Menya, c’est en public que l’excision se déroule. Malgré les sensibilisations faites par différentes organisations, le phénomène se poursuit dans les villages et campagnes. Pour seules réponses, les défenseurs de cette pratique estiment qu’il s’agit d’un devoir qui s’impose à eux.

L’excision, respect de la coutume. A Ménya, exciser sa fille se veut donc un devoir et une nécessite. L’excision rendrait. Om Ashraf, elle-même femme excisée, dont les propos ont été rapportés par Le Petit Journal, se justifient « Je veux que ma fille soit polie, je ne veux pas qu’elle cherche à intéresser les garçons ». Om Ashraf n’est pas la seule à tenir ce raisonnement. Toutes les mères qui font exciser leurs filles avancent les mêmes propos. Pour elles, c’est une coutume qu’il est impératif de respecter. Dans le cas échéant, elles attireraient le mécontentement des ancêtres sur leur famille et beaucoup plus sur leurs filles.

Cependant, ces mères devront désormais compter avec l’engagement de certaines femmes dont Afaf qui est catégorique « Je veux que mes parents comprennent comment ils ont négativement marqué ma vie, jusque maintenant et après 15 ans, je souffre de ce qui m’est arrivé, je pleure et je le regrette énormément ». Aujourd’hui volontaire au sein d’une ONG luttant contre la pratique de l’excision, elle affirme que le jour de son excision fut un cauchemar et qu’il est hors de question que sa fille la subisse à son tour. C’est désormais son combat. Elle semble en avoir fait sa raison de vivre.

 

Par notre correspondant en Egypte, Bellarminus Kakpovi




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