Les séries US : fin d'une ère et renouveau ?
2010 est une année un peu spéciale pour les fictions américaines : elle connaît la fin de grosses productions et de grands succès tels que Lost, Nip/Tuck ou Ugly Betty. Mais faire un adieu digne à ces séries permet aussi de pouvoir en découvrir de nouvelles. Cela dit, l'adieu est-il toujours digne ?
Assurément pas pour Nip/Tuck qui n'a jamais cessé de se dégrader depuis son commencement il y a 7 saisons et dont la mauvaise qualité s'est encore accentué lors de l'arrivée des deux chirurgiens à Hollywood…
La série peut s'enorgueillir d'avoir traité tous les aspects les plus sombres de l'âme humaine et à peu près tous les faits de société les plus sinistres : les dérives de la scientologie, la chirurgie esthétique sur les enfants en bas âge pour des shoots photo de pub de marques de luxe, le trafic d'organes, etc. Mais à vouloir parler de tout et n'importe quoi, les scénaristes ont multiplié les incohérences, en particulier sur le personnage de la pauvre petite Annie : anorexique un épisode, elle est guérie l'épisode suivant pour souffrir de trichotillomanie quelques péripéties plus tard… et là, comble du n'importe quoi, après s'être étouffée en ingurgitant tous ses cheveux, elle arbore une des plus superbes toisons qu'il soit pour une fillette de son âge… L'heure de la fin a sonné pour Nip/Tuck et c'est tant mieux, d'autant plus que les deux dernières (et courtes heureusement) saisons étaient d'un ennui sans nom !
Betty, elle, s'en sort beaucoup mieux et s'avère être l'excellente élève des séries ! Injustement boudée et incomprise du public américain, Betty et tout le staff du magazine Mode doivent tirer leur révérence faute d'audience… Qu'à cela ne tienne, la série finit en beauté, à son apogée, s'étant bonifiée saison après saison. Sans trop vous en dévoiler, sachez que toutes les questions que l'on était en droit de se poser trouveront réponse dans la dernière saison : Wilhelmina gagnera-t-elle son combat contre Daniel ? Qui est le père d'Amanda ? Justin, le neveu de Betty, gay ou non ? Betty retrouvera-t-elle les bras d'Henry, de Gio ?
Du côté de Lost en revanche, c'est autre chose. A son habitude, la série s'embourbe dans des questions à n'en plus finir et, à quelques épisodes de la clôture du show fantastique par excellence, aucune réponse n'est vraiment apportée… Mais en même temps, force est de constater que la curiosité du spectateur est titillée jusqu'au bout, même s'il ne comprend pas tout ! On espère seulement que le final sera aussi grandiose que ce que l'on peut espérer et que les attentes de tous les fans seront bien servies… mais le doute reste latent.
Enfin, la fin de ces "monstres sacrés" serait immensément triste s'il n'y avait pas les petits nouveaux ! Et à ce titre, orientons notre sélection vers deux nouvelles fictions : Flashforward et Glee.
Flashforward, parce que c'est l'héritière fantastique directe et logique de Lost. Son pitch laisse déjà rêveur et le pilote est plus que prometteur : l'humanité toute entière s'endort pendant quelques minutes et chaque individu voit ce que sera son futur dans 6 mois. Situation qui s'avère être un superbe réservoir à idées : un enquêteur du FBI rassemble des indices qu'il a vus dans son rêve pour résoudre une affaire dont il ne connaît pas encore même les prémices, une jeune fille sait qu'elle sera enceinte alors qu'elle n'a pas de compagnon ou encore, plus angoissant, un quidam qui n'a rêvé de rien et qui craint donc de mourir dans les 6 mois à venir sont autant de situations excitantes et rocambolesques qu'on est pressé de suivre avec délectation !
Glee, ensuite, parce qu'une série orientée teen-agers et qui soit vraiment bonne, ça ne court pas les tubes cathodiques tous les quatre matins. Le glee club, c'est le club chorale du lycée, mais c'est surtout le QG de retrouvailles de toutes les minorités et les laissés pour compte : la grosse black, les 2 asiat', la neuneu qui rêve de gloire, le footballeur, la cheerleader en chef, le gay, l'handicapé en fauteuil roulant… Le prof en charge de la petite chorale, Mr Schuester, doit alors gérer les égos et les goûts de chacun pour réinventer un spectacle à chaque épisode. Un spectacle ? Oui, parce que Glee, c'est une série teen, comique mais aussi une superbe comédie musicale avec des chansons connues de tous et réarrangées comme on n'aurait jamais osé l'imaginer ! Ajoutez à cela les histoires de coeur des lycéens et des profs puis des drames à la Juno (la cheerleader, présidente du club de chasteté est enceinte) et vous obtiendrez probablement la meilleure des séries des années à venir (d'ailleurs déjà récompensée par un golden globe) !
Charlybaby.
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